Le patrimoine religieux teinté de force et de mystère cher au Centre Bretagne vous témoignera de la ferveur religieuse des bretons.

Vous découvrirez des enclos paroissiaux à échaliers caractéristiques de la Haute Cornouaille, des chapelles servant d’écrin à de véritables trésors sans oublier les pardons et les " tantad " (feu de joie) moment essentiel de la vie des paroisses en centre Bretagne.

La Collègiale de Rostrenen

(JPG) Elle fut construite vers 1295 à l’emplacement de la chapelle seigneuriale du château des Barons de Rostrenen, fut remaniée au XVIIIème siècle puis au XIXème siècle. Elle dépend de la paroisse de Moëlou. Les armes en alliance de Jeanne de Rostrenen et d’Alain VII, vicomte de Rohan, qui figurent sur l’édifice, permettent de situer la construction de l’église dans la première moitié du XIVème siècle. En 1483, à la demande de Pierre IX, baron de Rostrenen, le pape Sixte IV accorde l’érection de l’église seigneuriale en collégiale.

Collégiale est une église qui, sans être une cathédrale, possède un collège ou chapitre de Chanoines (dignitaires ecclésiastiques).

Elle possède un porche mi gothique - mi renaissance qui est classé monument historique. La nef primitive daterait de 1342. En la démolissant pour construire la nouvelle nef, on a retrouvé des pièces d’or de la fin du XIIIème siècle.

La partie la plus ancienne est le porche Sud (XIVème pour la partie basse, XVIème pour la partie haute), qui abrite les douze statues des apôtres en bois polychrome, sculptées en 1880 par un ébéniste rostrenois, Paul Chamaillard. Les vitraux du choeur et du transept, dessinés par Gilbert, datent de 1867. Douze scènes inscrites dans des médaillons ovales relatent de bas en haut l’histoire du buste miraculeux.

A l’intérieur de la Collégiale

Olivier Perrin est né à Rostrenen le 2 septembre 1761 et mort à Quimper en 1832. Il commence des études de dessin à Rennes avant de partir pour Paris où il est l’élève de Doyen. Il revient en Bretagne et enseigne le dessin à Quimper. Il peint plusieurs tableaux pour des églises bretonnes mais sera surtout célèbre pour sa Galerie Bretonne, série de dessins représentant le paysan breton du berceau à la mort. Tableau visible dans la collégiale : Assomption de la vierge, 1820. Cette toile a été offerte par le peintre à sa ville natale. La Collégiale est ouverte tous les jours. Le Grand Pardon de Notre Dame de Rostrenen à lieu le 15 août.

Le Miracle de Décembre 1300

À quelques pas des douves du Château, un fait inexplicable attirait l’attention des habitants de la bourgade qui s’était formée à l’abri de la forteresse. C’était un rosier qui se couvrait de feuilles et de fleurs "même au cœur de l’Hiver".

Un habitant de la petite cité se décida de fouiller les alentours du merveilleux rosier. Il découvrit alors une STATUE EN BUSTE, de la Vierge, sculptée dans un cœur de chêne, et en admirable état de conservation.

La nouvelle se répand dans la bourgade, au château du Baron, et dans les paroisses du voisinage. « Le buste de Notre-Dame est solennellement transféré, au milieu d’une foule immense, à la chapelle du château, en attendant que l’on élève en l’honneur de Marie, une église plus digne de sa grandeur et de ses bienfaits ». Une fontaine miraculeuse fut construite derrière la collégiale actuellement visible.

(JPG) Les miracles se succédant, les pèlerins accoururent de toute la Cornouaille (plus particulièrement pour l’anniversaire de la découverte du buste, en décembre. Ce fut là l’origine du Pardon et de la foire du BOD ou foire du buisson qui a lieu toujours le premier mardi de Décembre.

A découvrir

La fontaine qui avoisinait le buisson miraculeux devint également l’instrument de nombreuses guérisons. Elle fut construite en 1696 par Loyer, doyen de la collégiale. Elle était entourée d’une galerie circulaire qui a été malheureusement enterrée.

Dans les années qui suivirent, la Chapelle du château étant, d’une part, devenue trop petite pour contenir l’affluence toujours croissante des pèlerins, et d’autre part les dons arrivant de toute la Bretagne, les Barons décidèrent de construire une église plus vaste.

L’église Notre Dame et son enclos à Kergrist Moëlou

La construction de cette église, fondée par les barons de Rostrenen remonte aux premières années du XVIème siècle. Cet édifice témoigne de la prospérité de la Bretagne à la veille du traité d’Union (1532). La flèche de pierre du clocher haut de 40 mètres est de 1454. Sur la façade est, divers animaux sont sculptés : un chien, un singe, un aigle, un sphinx et des lions. (JPG) Dans la nef existe une cheminée destinée à réchauffer les bébés baptisés. A l’intérieur, on remarquera les lambris ornés de peintures à médaillons représentant les pères du concile Vatican I (1870) et les vitraux représentant les armoiries des seigneurs de la région. Un petit ossuaire reliquaire ajouré est incorporé au mur extérieur. Sur le placître planté d’ifs à l’époque de la construction de l’église, se dresse le calvaire (MH) de 1578. Il regroupe sur sa base octogonale une centaine de personnages en granit de Kersanton. Mutilé pendant la révolution, il a été restauré au XIXème siècle.

Les scènes de la frise représentent l’Annonciation, la fuite en Egypte, la Nativité, l’arrestation de Jésus, le Christ lors du jugement de Pilate, la flagellation, le transport de la croix, la mise en tombeau. Face à l’enclos paroissial, l’ancien presbytère et les maisons caractéristiques complètent l’unité du site qui est labellisé Commune du Patrimoine Rural. Des visites thèmatiques sont organisées entre autre par la Maison du Patrimoine à Locarn. Nous vous invitons également à consuter le calendrier des animations.

Abbaye de Koat Malouen


L’abbaye de Koad Malouen, abbaye cistercienne, a été fondée en 1142/1143. Elle était fille de l’abbaye de Bégard, elle-même fondée par l’abbaye de Cîteaux en 1130. Son nom primitif : Silva Melonis pourrait venir d’un ermite : Milon, qui aurait précédé les moines dans ce désert. Silva Melonis, dite encore « Notre Dame de la Bonté Dieu » a connu des orthographes diverses selon les traductions du nom latin : « Bois de Malouen », Coatmalouen, en français étant une adaptation du breton : Koad Malouen ou Koad Maloën ou Coët Maloën. (JPG) L’origine de ce toponyme est encore controversée. C’était bien un « désert » que choisissaient les moines pour s’installer, dans une nature sauvage, près des forêts, loin du monde. Mais les sources abondaient et les moines allaient apprivoiser les lieux. On retrouve, tout autour de l’abbaye, les vieux murs de clôture et des anciennes retenues d’eau pour des étangs.
Ces lieux sauvages se trouvaient aussi non loin de l’ancienne voie romaine, devenue « Grand chemin » qui reliait Tréguier à Vannes, une importante voie de communication. Il reste actuellement, de ce qui fut à l’époque un monastère florissant, des vestiges, pour la plupart du XVIII siècle, l’Eglise abbatiale et la façade du bâtiment des moines. L’abbaye a eu, comme bien d’autres, une longue histoire troublée.
On a longtemps cru que sa destruction était le fait de la tourmente révolutionnaire. Des découvertes récentes permettent de corriger cette erreur historique : vendue comme bien national après la Révolution, en 1806, elle a été démantelée par les premiers acheteurs qui ont construit avec ses pierres un manoir près de Lannion dont l’ordonnance permet de se faire une idée des anciens bâtiments.
Une association, Les Amis de l’Abbaye de Koad Malouen, a été créée en 1993 pour assurer la conservation, l’entretien et l’éventuelle restauration des vestiges, ainsi que les études historiques ou archéologiques les concernant, et les activités culturelles qui pourraient s’y exercer.Des Visites guidées en été sont organisées.Groupes sur réservation. Exposition permanente, sentier de promenade autour du mur de clôture.

Abbaye de Bon Repos à St Gelven

C’est en 1184 que le vicomte Alain III de Rohan fonda l’abbaye cistercienne de Bon-Repos. La légende veut qu’il s’endormit là au terme d’une chasse harassante en forêt de Quénécan ; la Vierge Marie, lui apparaissant en songe, lui aurait alors suggéré de fonder en ces lieux une abbaye. (JPG) Ce fut chose faite peu de temps après : douze moines de Savigny (Manche), accompagnés de leur abbé prirent leurs quartiers sans plus tarder. Dès sa fondation, l’abbaye de Bon-Repos connut la prospérité. La communauté reçut de nombreuses terres ainsi que le droit d’établir le long du Blavet pêcheries et moulins. Cette prospérité, toutefois, ne fut pas sans conséquence : Les moines durent plusieurs fois être rappelés à l’ordre, jusqu’à être placés, un temps, sous la tutelle de l’abbé de Boquen. Il était pourtant écrit que le XVIe siècle ne laisserait aucune place à l’opulence. Passée dans le giron français avec le traité d’union entre Bretagne et France, l’abbaye devient royale, et passe sous le régime de la commende écclesiastique. Désormais, les abbés à la tête de la communauté ne seront plus des moines mais de grands nobles prompts à servir leurs intérêts propres. La conséquence en fut que nombre de biens furent dilapidés, terres comme mobilier et objets du culte. Quant aux bâtiments, ils ne cessèrent de se dégrader faute d’entretien. Au XVIIIe siècle, Louis XIV permit aux communautés religieuses de porter en justice les affaires d’aliénations : Bon-Repos retrouve un peu de sa puissance foncière, ce qui permit au nouvel abbé Philippe Alexandre de Montault Saint-Genies Navaille d’entreprendre d’importants travaux de restauration.

C’est de cette époque que date la façade actuelle des bâtiments conventuels : le style néo-classique qui la caractérise répond aux goûts de luxe de l’abbé laïc bien plus qu’aux canons habituels de l’architecture cistercienne. L’abbaye fut perpétuellement en travaux tout au long de cet abbatiat, qui dura cinquante ans. Ce n’est pas la Révolution elle-même qui causa le plus lourds dégâts à l’abbaye de Bon-Repos. Certes, l’abbé prit la fuite, et les derniers moines ne tardèrent pas à vider les lieux. Devenus la propriété du maire de Rostrenen, ils furent pris pour cible par les Chouans qui les incendièrent partiellement en 1795. En 1832, ils hébergeaient encore les ingénieurs qui travaillaient à la canalisation du Blavet. Elle fut par la suite pillée pour sa pierre : son état, au milieu des années 60, semblait désespéré. En 1986, la fondation de l’association des Compagnons de l’abbaye de Bon-Reposest crée dans le but de restaurer l’Abbaye. Des visites et Ateliers pour les groupes sont organisés tout au long de l’année. Des visites guidées programmées en été en français et en Anglais

La vierge couchée la chapelle du Giaudet à Lanrivain

La chapelle du Giaudet à Lanrivain a été construite sur le site où un paysan du village a découvert une statue de la vierge en 1692. Elle possède deux particularités : son clocher tout d’abord. Refait en 1920, il possède un carillon à 16 cloches qui joue deux cantiques en breton. Six de ses cloches sont situées à l’extérieur du clocher.

Ensuite à l’intérieur, la vierge couchée exposée dans le croisillon gauche de la chapelle est à l’origine d’un important pèlerinage. Bâtie à la fin du XVIIème siècle, le maître autel abrite une sculpture unique en Bretagne : la vierge couchée reposant dans un lit à couverture bleue tissée d’or, tient l’enfant Jésus dans ses bras datant du XVIIIème siècle. Les nombreux ex-voto qui l’entourent témoignent de la vénération des fidèles notamment à l’occasion du pardon qui se déroule le 1er dimanche de mai.

Un chemin de croix original partant de la chapelle vous invite à descendre vers la fontaine sacrée. La Chapelle est ouverte tous les jours de 9h30-18h. L’été de 9h-19h30.

Le Porche aux 12 apôtres à l’église de Tréffrin

Cette église présente la particularité d’être à l’extrémité du bourg. Outre son porche, vestige de l’ancienne chapelle construite en 1589, l’église date de la fin du 19ème siècle. La représentation troublante d’un christ décharné mérite un détour sous le porche ouest. Le porche sud abrite les statues de 12 apôtres polychromes. Enfin, dans son enclos paroissial, se dresse un calvaire en granite du XVIIIème siècle.

Nous vous invitons à découvrir le porche aux 12 apôtres de la Collégiale à Rostrenen.

Le Trésor de Locarn à la Maison du Patrimoine à Locarn

Locarn, du breton lok, lieu consacré, et de St Hernin. Quand St Hernin, venu des îles britanniques en 528, voulut s’établir sur le domaine du seigneur de Quélen, celui-ci lui aurait accordé autant de terres qu’il était capable d’en délimiter par un fossé en un jour.

Le Saint aurait alors créé un fossé en laissant traîner son bâton derrière lui. Le miracle de Locarn aujourd’hui est de disposer d’un trésor fabuleux, le trésor de St Hernin, qui fait la fierté de ses habitants et fait l’objet d’un culte encore vivant à travers le pardon organisé le 1er dimanche de mai.

Ce trésor comprend un buste et un bras reliquaires (objet de culte servant à recueillir les restes d’un saint) sculptés au XVème siècle, une croix de procession et un calice du XVIIème siècle. Il est exposé à la maison du patrimoine de Locarn.

Visite possible de l’église en demandant la clef à la Maison du Patrimoine.

La Roue à Carillons à la chapelle du Ruellou à st Nicolas du Pélem ou l’Eglise de St Hernin à Locarn

(JPG)

Objet de culte catholique en Bretagne, il est sans doute dû au réemploi des roues solaire, des cultes païens. A l’intérieur de l’église de St Hernin à Locarn et dans la chapelle du Ruellou à St Nicolas du Pélem se trouve deux des sept dernières roues à carillons aussi appelées roues de la fortune de Bretagne. Elles portent 11 clochettes aux sons tous différents. Ces roues étaient tournées pour marquer les événements joyeux de la vie paroissiale : baptêmes, mariages, pardons.

Elles servaient parfois de moyen d’intercession pour obtenir une guérison. Visite possible de l’église de Locarn en demandant la clef à la Maison du Patrimoine.

Le chemin de croix de Xavier De Langlais à l’Eglise St Pierre à Plounevez Quintin

(JPG) L’église St Pierre date du XVIème siècle. Elle a été remaniée au XVIIIème siècle et XIXème siècle. Son chœur et son transept sont classés à l’inventaire des monuments historiques.

Nous attirons votre regard sur le chemin de croix remarquable peint vers 1933 par Xavier De Langlais.

Artiste peintre né à Sarzeau dans le Morbihan en 1906, étudie les beaux-arts à Nantes et à Paris. Il mène une double carrière de peintre et de professeur de peinture à l’école des Beaux Arts de Rennes ainsi que d’écrivain en langue bretonne. Dans les années 1930, il est membre du groupe d’artistes bretons des « Seiz Breur », les sept frères. Des visites commentées sont organisées durant les journées découvertes.

 
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